Ce n’est pas un secret, nous avons un immense faible pour les jeunes créateurs de montres. D’autant plus lorsqu’ils sont français. Conduits par l’amour de l’horlogerie et animés par une passion qui les pousse à se démener pour changer ce marché vieillissant, en cassant codes et règles au passage, ces entrepreneurs 2.0 mènent leur barque avec ou sans succès, mais avec fierté. Et nous sommes admiratifs de leurs efforts que nous soutenons. C’est la raison pour laquelle, vous croisez régulièrement des sujets sur les projets Kickstarter sur notre site. Nous avons eu le privilège de nous entretenir avec l’un deux, l’un des rares français à avoir brisé des barrières en se creusant un superbe chemin vers le succès. Aujourd’hui donc, nous passons quelques minutes avec Guillaume Laidet, fondateur de la marque William L. 1985.

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LPP : Bonjour Guillaume et merci de nous accorder un peu de ton temps. Connaissais-tu Le Petit Poussoir avant que nous te contactions ?

GL : Oui, bien sûr ! J’essaie de lire un maximum de blogs horlogers pour me tenir au courant des tendances et surtout des activités de la concurrence 🙂

LPP : En quelques mots, qui est Guillaume Laidet ?

GL : Un passionné d’horlogerie ! …Mais aussi un grand amateur de voitures anciennes, de vins et de spiritueux. Cela dit, je pense que père de famille reste plus belle façon de me décrire aujourd’hui – ma femme ayant accouché il y a quelques mois.

LPP : L’horlogerie est clairement ta passion. À quand remonte cet engouement pour les montres ?

GL : Vers mes 18 ans, mon père a commencé à acheter de vieilles montres vintage pour se faire une petite collection. À cette époque, j’avais flashé sur une Omega Constellation des années 50 qu’il a fini par m’offrir car je la portais tout le temps.

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LPP : La montre de ton arrière-grand-oncle est devenue célèbre désormais. Peux-tu nous en dire plus sur celle-ci ?

GL : Je l’ai trouvée lors d’un déménagement dans une vieille boîte. Il n’y avait plus que la tête de montre, toute encrassée. Personne n’en voulait ! Je l’ai donc adoptée et faite restaurer chez un petit horloger en Suisse, à la Chaux-de-Fonds.

LPP : Après avoir travaillé chez Zenith et Jaeger-Lecoultre, quelles sont les plus grandes leçons que tu as retenues ?

GL : J’en ai surtout profité pour enrichir ma collection de quelques montres 🙂 Plus sérieusement, j’ai surtout appris comment ces deux belles manufactures développent des produits et des complications extraordinaires ; comment elles communiquent ; comment elles distribuent leurs produits. J’ai aussi rencontré des gens inspirant, des horlogers, des graveurs, des émailleurs ou des polisseurs, tous étaient habités par une passion communicative.

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LPP : Avais-tu prévu de créer ta propre marque si rapidement ?

GL : Non, mais j’avais vraiment envie de lancer mon projet, de créer une boîte et de ne pas bosser toute ma vie pour des grands groupes.

LPP : Quand tu as réalisé que William L. 1985 était en train d’exploser, quelle est la première chose qui t’est venue à l’esprit ?

GL : J’étais rassuré car j’avais pris un gros risque financier en démissionnant sans indemnités. Ma femme m’a beaucoup soutenu pendant ces quelques mois, c’était donc un grand soulagement et bien sûr un peu de fierté.

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LPP : Depuis ton Kickstarter, les choses ont dû beaucoup évoluer. Qu’est-ce qui a le plus changé pour toi ?

GL : Oui, en effet. William L. 1985 est désormais distribué dans une vingtaine de pays et plus de 300 points de vente, je vais même avoir un stand à Baselworld cette année. C’est quelque chose que je n’aurais pas envisagé une seconde en lançant le projet. On est désormais une petite équipe pour pouvoir répondre à la demande, tout seul je ne m’en sortais plus 🙂

LPP : Qu’est-ce qui te plaît le plus dans le fait de fabriquer tes propres collections ?

GL : Sans hésiter, le moment où je reçois les premiers prototypes ! C’est tellement cool de voir « en vrai » les idées que tu as eues sur le papier mais aussi de prendre le temps d’améliorer tel cadran, changer telle couleur d’aiguille ou corriger une boucle de bracelet. Et c’est surtout un plaisir de ne pas avoir une chaîne de validation de 10 personnes au-dessus de toi qui changerait tout ce que tu as mis si longtemps à façonner 😉

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LPP : Ta marque propose déjà quelques montres automatiques. Est-ce un axe que tu veux creuser ?

GL : Pourquoi pas ! J’ai beaucoup de demandes pour une collection chrono automatique, par exemple, mais j’aimerais garder des prix accessibles et pour le moment il n’y a pas de mouvement chrono peu cher et vraiment fiable. Je vais aussi relancer une production de Diver 70’s en acier, toujours très appréciées et en rupture de stock actuellement sur le site.

LPP : Selon toi, à quoi ressemble le porteur d’une montre William L. 1985 ?

GL : Je ne pense pas qu’il y ait un profil type. Lors de la livraison des montres Kickstarter, j’avais livré moi-même une quinzaine de clients sur Paris pour pouvoir les remercier de vive voix. J’ai ainsi rencontré des étudiants qui découvraient les montres, des jeunes avocats qui avaient déjà des Jaeger, des chefs d’entreprise d’une cinquantaine d’année, des femmes qui faisaient un cadeau d’anniversaire à leur mari, bref une multitude de porteurs différents en somme.

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LPP : Comment vois-tu le futur de ton entreprise ? Quel est ton objectif ?

GL : J’ai envie de pérenniser la marque et continuer à me faire plaisir en faisant des montres qui me plaisent, élégantes et accessibles.

LPP : Et à part le travail, que fais-tu ? As-tu d’autres passions ?

GL : Je m’occupe de ma petite fille de 6 mois, gros changement de vie !

LPP : Si tu devais conseiller les futurs créateurs de montres, quels seraient tes meilleurs conseils ?

GL : De croire en leurs projets et de se mettre à la place de leurs futurs clients, de se demander pourquoi est-ce qu’ils achèteraient leur montre plutôt qu’une autre.

LPP : Un petit mot pour la fin ?

GL : Et bien merci pour cette interview très sympa, je vous montre bientôt mes nouveautés prévues pour Baselworld 🙂

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