C’est un nouveau succès français qui fait plaisir car avec près de 425 000€ de levés à ce jour sur Kickstarter et encore 22 jours avant la fin de sa campagne, Baltic Watches s’impose comme l’une de nouvelles jeunes marques incontournables de l’hexagone. En rencontrant Etienne Malec à Bordeaux au mois de février, nous savions que l’idée était aussi bonne que l’exécution. Et avec autant de motivation comme il le démontrait, tout était là pour fonctionner. Plutôt que de nous pencher sur le produit lui-même, nous avons préféré attendre ce jour afin de nous concentrer sur l’homme derrière le projet. Aujourd’hui donc, nous passons quelques minutes avec le fondateur de cette marque prometteuse.

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LPP : Bonjour Etienne et merci de nous accorder un peu de ton temps en cette période très chargée pour toi. Dis-nous, comment as-tu connu Le Petit Poussoir ?

EM : Le Petit Poussoir, je l’ai découvert sur internet j’imagine comme nombreux de tes lecteurs; surement en cherchant des infos sur une montre qui m’intéressait !

LPP : En quelques mots, qui est Etienne Malec ?

EM : Je viens d’une petite ville de Normandie, à une heure de Paris. J’ai fait mes études à la Fac de Rouen avant de partir étudier et vivre pendant trois ans avec deux amis. En Master 2, j’ai monté une première boite avec eux qui s’appelle Rezin. En trois ans, nous avons pu développer cette première entité.

LPP : Depuis quand as-tu commencé à t’intéresser aux montres ?

EM : Je m’intéresse aux montres depuis 10 ans maintenant. Mon père était un collectionneur de montres, et m’a légué l’ensemble de la collection il y a 22 ans. À 17 ans, j’ai commencé à me pencher sur l’héritage horloger qu’il m’a laissé à la fin de sa vie. Il y avait plusieurs dizaines de montres qui méritaient de sortir de leur valise pour prendre un second souffle !

LPP : Te souviens-tu de ta première montre ?

EM : La première montre issue de la collection de mon père que j’ai commencé à porter est un chrono LIP panda qui abrite un venus 178.

LPP : Et au sein de cette belle collection, quels sont tes modèles préférés et pourquoi ?

EM : Difficile de sélectionner ! C’est selon les périodes. Mais celles que je porte habituellement : Une Speedmaster 2998, la Navitimer 806, une GMT 16750 et une Baby Ploprof Omega.

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LPP : Passons au vif du sujet : où, quand et comment est né le projet Baltic ?

EM : Le projet Baltic est né en Septembre 2015. Nous avons décidé de nous lancer après avoir rencontré un fabriquant de boitier via Rezin. Je m’occupe des design pour Rezin et j’avais à l’époque déjà fait quelques ébauches de boitiers / cadrans sur mon ordi sans vraiment penser en faire quoi que ce soit un jour. Du coup, on s’est lancé pour faire des protos.

LPP : L’ADN de la marque est clairement vintage, ça tombe bien, c’est la tendance ! Penses-tu que celle-ci va perdurer ?

EM : La tendance de fond du vintage est présente depuis déjà bien longtemps, elle était encore invisible ou discrète dans le marché du neuf jusqu’à 2013/14. Depuis, toutes les plus grosses enseignes mettent en avant leurs rééditions, leurs héritages en avant. Ce n’est pas une « tendance » mais un signe de retour à plus d’authenticité. Et ce n’est pas plus mal ! Les marques ne vont pas toujours suffisant loin dans leur démarche à mon humble avis (les diamètres sont toujours assez imposants en globalité), mais on y arrive doucement !

LPP : Peux-tu nous expliquer le principe du « step-case » que tu as appliqué à tes premières montres ?

EM : Le step-case est un boitier qui date des années 40. Celui-ci a la particularité d’avoir cette « marche » en bordure du verre hésalite. J’ai voulu réutiliser ce boitier car je le trouve à la fois très moderne, charismatique et vraiment rétro. C’est un boitier qui me faisait fantasmer, mais personne n’avait ressorti ces formes là.  Il fallait le remettre au gout du jour !

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LPP : Côté mouvement, tu as choisi des calibres Seagull ST19 et Miyota 821A. Pourquoi avoir fait ces choix ?

EM : Le Miyota 821A s’est imposé par lui même : fin, fiable, précis et abordable. Le Seagull résulte d’un choix réfléchi. Nous avons contacté Seiko, Dubois Depraz, ETA sans parvenir à trouver un mouvement qui correspondait à nos attentes : remontage manuel, fin et compteurs 3h/9h. Ce mouvement est issu du Venus 175, donc très bien pensé.

LPP : Peux-tu nous en dire plus sur la fabrication et l’assemblage ?

EM : La fabrication des composants est faite en Chine à Shenzhen sauf pour le Miyota qui est produit au Japon. Nous assemblons toutes nos montres à Besançon pour contrôler l’ensemble de la chaîne. C’est important pour nous d’avoir un contrôle qualité strict effectué en France.

LPP : Qu’est-ce qui te plaît le plus dans le fait de fabriquer tes propres collections ?

EM : Pour l’instant c’est deux éléments spécifiquement : les gens que je rencontre qui sont tous très sensibles à ce que l’on fait. Il y a un accueil absolument génial à l’égard de nos montres pour le moment et je trouve ça génial ! Le deuxième élément bien sûr, est de pouvoir sortir une montre qui correspond totalement à ce que nous aimons.

LPP : Selon toi, à quoi ressemblera le porteur d’une montre Baltic ?

EM : Nous avons reçu au showroom aussi bien des gens qui veulent acheter leur première montre que des gens qui travaillent dans le milieu (ex: Directeur Europe A. Lange & Söhne).

LPP : Ton Kickstarter a démarré sur les chapeaux de roues. Quel objectif espères-tu atteindre ?

EM : Ouf ! Je sais pas trop quoi dire. On savait qu’on s’était donné les moyens pour bien préparer la campagne, et que le démarrage se ferait sur les chapeaux de roues. Mais pas autant ! Nous avons dépassé 65 000€ en 3 minutes, 100 000€ en 7 minutes et fait presque 270 000€ en 24h. C’est inespéré !

LPP : D’ici à 5 ans, à quoi ressemblera la marque selon toi ?

EM : Question redoutable ! On va déjà essayer de faire les deux prochaines années selon le plan qu’on s’est fixé. Cinq ans c’est loin !

LPP : Travail mis à part, as-tu d’autres passions dans la vie ?

EM : Oui ! J’essai de m’intéresser à un maximum de chose : vélo de descente, snowboard, l’entrepreneuriat, les voyages et la musique !

LPP : Un petit mot pour la fin ?

EM : Merci à tous ceux qui se sont intéressés à Baltic. C’est bien grâce à eux qu’on est là aujourd’hui. Et merci pour ces questions Ludovic.

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