La nouvelle Mido Multifort TV Big Date S01E02 marque le retour d’une idée un peu folle : transformer la mire télévisuelle en cadran de montre. Un an après la première édition S01E01, Mido revient avec une exécution encore plus riche et toujours aussi cohérente, où le design rétro devient une signature assumée. C’est une montre qui ne cherche pas à plaire à tout le monde, mais qui capte instantanément l’attention et vous fait traverser les époques.
Un format TV qui retrouve son ADN
La forme “TV” est l’identité visuelle forte de cette ligne Multifort de Mido. La S01E02 la reprend presque à l’identique, avec une largeur de 40 mm pour 39,2 mm de longueur et 11,5 mm d’épaisseur, et un boîtier acier intégralement traité PVD gris satiné. La forme légèrement rectangulaire, adoucie par des angles arrondis, rappelle les écrans cathodiques des années 70. Ce gabarit peut sembler atypique mais il s’avère parfaitement proportionné : le poignet perçoit un bloc dense mais compact, très bien équilibré. Ce format met en valeur le cadran comme un écran miniature, un objet que l’on “regarde” avant de le lire.
L’esthétique mêlant surfaces brossées et reflets polis apporte de la rigueur dans le dessin du boîtier. Le traitement PVD homogène renforce l’aspect industriel du modèle, tout en préservant une certaine sophistication. La montre conserve une vraie présence, sans devenir massive, et offre la sensation d’un objet technique porté avec intention.
Quand la mire télévisuelle devient élément horloger
Impossible de dissocier cette S01E02 de son cadran. Celui-ci reprend l’idée d’une mire de test TV multicolore – plus précisément la mire Philips PM5544 de 1966 – mais avec une exécution horlogère moderne. Le centre est texturé, construit en nuances visuelles qui évoquent un grain numérisé, comme un bruit vidéo stylisé. Contrairement à une simple impression plane, le cadran joue sur la profondeur et les micro-reliefs.
L’intégration d’une grande date à 12 h — élément emblématique du modèle — structure visuellement le cadran. La zone extérieure gris anthracite accentue l’effet “cadre d’écran” tout en accueillant des index en relief négatif. Ce mélange d’inspiration technique et d’exécution décorative donne naissance à une proposition originale : ludique, mais jamais fantaisiste. Le clin d’œil fonctionne parce qu’il est assumé, mais traité avec une rigueur suisse. Cette démarche rappelle la philosophie de certaines pièces neo-vintage réussies : reprendre une idée de l’époque analogique, mais l’intégrer dans les codes actuels de lisibilité, de lumière et de proportion.
Un mouvement sérieux sous un cadran décomplexé
Sous cet habillage, la montre ne simplifie rien côté mécanique. La S01E02 embarque le Calibre 80, un mouvement automatique produit par ETA pour Mido, connu pour offrir environ 80 heures de réserve de marche, ce qui dépasse nettement le standard traditionnel de l’industrie. Ce mouvement bénéficie d’un spiral Nivachron, matériau parfaitement adapté à un usage quotidien, notamment grâce à une résistance accrue aux variations thermiques, aux chocs et aux champs magnétiques.
Le fond transparent dévoile une masse oscillante sobrement décorée de côtes de Genève, un détail qui rappelle que la montre appartient tout de même à un registre horloger légitime. L’ensemble est renforcé par une couronne vissée et une étanchéité de 100 mètres, un élément rarement associé à une montre au design si affirmé. Le contraste est réussi : derrière un cadran presque ludique se cache une architecture mécanique totalement pragmatique, démontrant que Mido a tout compris aux attentes des consommateurs.
Trois bracelets, trois identités distinctes
La grande particularité de cette édition réside dans l’expérience utilisateur. La montre arrive avec un bracelet acier PVD gris intégré, visuellement cohérent avec le boîtier. Elle est également livrée avec deux bracelets caoutchouc, l’un bleu foncé et l’autre jaune vif. La transformation au poignet est immédiate. Sur acier, la montre prend un caractère futuriste et quasi-architectural. Sur caoutchouc bleu, elle devient plus sportive, typée urbaine. Sur caoutchouc jaune, son ADN “test-screen” devient pleinement assumé et presque manifeste stylistique. Notre avis : elle prend encore plus de sens une fois sur caoutchouc.
Ce changement rapide grâce à un dispositif de pompe rapide accentue l’intérêt de la montre. Elle s’adapte au contexte, à l’humeur, à l’usage. Peu de modèles automatiques en offrent autant sans ajouter de coût additionnel.
Pour qui, pourquoi, et comment l’apprécier ?
Proposée à 1490 €, la Mido Multifort TV Big Date S01E02 signe l’un des positionnements les plus cohérents de sa catégorie. Elle coche les cases du plaisir visuel, de l’identité forte, de la valeur perçue et de la capacité à durer grâce à un mouvement éprouvé associé à une construction solide. Elle s’adresse clairement à quelqu’un qui veut un objet horloger différent, sans tomber dans la provocation ni dans le gadget. Elle séduira les amateurs sensibles aux détails, aux références culturelles et à la singularité graphique.
Ce modèle représente aussi le meilleur argument de Mido pour prouver que le design suisse accessible peut être audacieux sans perdre sa légitimité. C’est une montre souriante, maîtrisée et parfaitement assumée. Une vraie réussite, et un retour pertinent pour cette “mire” devenue signature.



















