Il y a des montres dont on sait, avant même de les passer au poignet, qu’elles vont compter. La Royale Type 32 d’Auricoste fait partie de ces rares pièces qui dégagent immédiatement une impression de justesse : proportions idéales, design cohérent, ADN assumé. On devine très vite que tout est à sa place. Et lorsque vient enfin le moment de la découvrir en main, cette intuition se confirme sans effort. Ce modèle n’essaie pas de séduire, il convainc simplement par son évidence. Une montre qui, dès le premier regard, laissait présager une journée d’essai sans faux pas…
Auricoste : l’héritage et la légitimité d’une maison historique
Fondée en 1854, Auricoste fait partie de ces maisons françaises dont la légitimité n’est pas sujette à débat. Fournisseur officiel de la Marine nationale, l’entreprise s’est forgée une réputation dans les instruments de mesure, les chronomètres et horloges de bord, ainsi que les montres utilitaires pensées pour résister aux environnements hostiles. Cette culture de la précision et de la fonctionnalité transparaît encore aujourd’hui dans ses collections permanentes.
Et malgré sa jeunesse, la ligne Type 32 en est l’exemple le plus marquant. Inspirée des spécifications militaires françaises, elle revisite l’esprit des pièces professionnelles avec un regard moderne, plus compact, plus raffiné, mais toujours ancré dans la mission première : offrir un outil fiable, lisible et robuste. Elle se distingue par son approche pragmatique, privilégiant l’efficacité fonctionnelle à toute forme de démonstration, avec des pièces pensées pour passer du service à la montre d’apparat.
La Royale Type 32 : une vraie toolwatch au format moderne
La version La Royale Noire que nous testons ici, sur bracelet acier, approfondit ce positionnement. Tout d’abord, le gabarit : avec son diamètre contenu et sa silhouette fine, elle répond parfaitement aux attentes actuelles pour une plongeuse polyvalente, capable de se fondre aussi bien dans un paysage urbain que dans un environnement nautique plus exigeant. Le boîtier de 37mm pour seulement 11mm d’épaisseur est l’un des points forts du modèle : une carrure tendue, des arrêtes nettes mais adoucies, un travail de brossage remarquable, et une lunette qui offre un clic net sans jeu perceptible. Et c’est en toute cohérence avec la SM300 ScubaMaster ou la Spirotechnique que cette nouvelle livrée affiche une couronne vissée positionnée à 4 heures. Ce n’est pas pour le style, mais bien pour le confort.
Le niveau de finition est réellement impressionnant pour cette gamme de prix. Le bracelet en H confirme cette impression : la qualité perçue est au-dessus de la moyenne, et la boucle déployante mérite une mention particulière avec son design remarquable d’une part puis son micro-ajustement intégré fluide. Mais le détail qui marque les esprits, et qui révèle la volonté d’Auricoste d’aller plus loin que ses concurrents, c’est la luminescence appliquée au marquage de la boucle. Un clin d’œil ludique qui rappelle surtout que l’horlogerie utilitaire peut encore surprendre.
Sur les points plus techniques, la Type 32 reste cohérente avec son positionnement. L’étanchéité de 200 mètres est adaptée à un usage réel, la lisibilité est exemplaire grâce à un contraste sans compromis puis une bonne dose de Super-LumiNova Old Radium sur les index et la lunette (avec un rendu vert), puis sur les aiguilles ( au rendu presque jaune) ! Le cadran, bien qu’austère de prime abord, révèle une vraie richesse dans sa profondeur lorsqu’on le observe de près. La montre dégage une sensation de netteté dans son ensemble : tout est placé où il faut, sans surcharge, sans volonté d’en mettre trop.
Certains regretteront peut-être l’absence d’un bracelet en caoutchouc parfaitement intégré, un choix que la marque pourra certainement développer à l’avenir. D’autres évoqueront l’absence d’une grande réserve de marche voire d’une calibre maison, mais à ce tarif, la critique peine à convaincre tant le produit final apparaît homogène et abouti. N’oublions pas que le mouvement choisi par Auricoste, un calibre Newton P092 – le haut de gamme chez Soprod – est livré dans sa finition ultime avec une masse spéciale en forme d’hélice puis surtout une certification COSC pour offrir une précision irréprochable. Ce ne sont pas que des détails, c’est une nouvelle donne. Dans les faits, cette Type 32 s’impose comme une alternative très sérieuse à une Tudor Black Bay 54 – et même, indirectement, à une BB58 – offrant une expérience similaire pour un budget réduit de moitié.
Verdict : une alternative crédible aux références établies et un tournant pour Auricoste
Au terme de cette journée au poignet, une impression s’impose : Auricoste vient de franchir un cap. Après la FUSCO, la Royale Type 32 confirme un virage aussi ambitieux qu’enthousiasmant. C’est une montre qui parle aux passionnés, qui coche tous les critères d’une GADA moderne et qui témoigne d’une vision renouvelée pour la marque. Ajoutez à cela une équipe dirigeante passionnée, française, investie, et il devient difficile de ne pas recommander cette pièce sans réserve.
La Royale Noire est proposée à un tarif cohérent de 2 350 € sur acier ou 2 150 € sur caoutchouc, avec en sus un bracelet en cuir ou en daim velours. Elle est disponible dès maintenant sur le site officiel d’Auricoste, en quantités limitées selon les configurations. C’est une montre solide, élégante, légitime, et surtout sincère. Exactement ce que l’on attendait d’Auricoste, au moment précis où la marque devait prouver qu’elle pouvait jouer dans une autre catégorie. Et elle l’a fait.





















