Aujourd’hui, nous changeons de registre. Tout en restant dans la montre bien évidemment mais c’est une première car nous passons un moment avec Pierre Le Targat, un photographe angevin que nous avons découvert sur Instagram. Vous ne le savez certainement pas, mais vous avez fort probablement croisé l’un de ses clichés dans l’un de nos articles ou sur les réseaux sociaux, surtout si vous êtes friand de garde-temps de marques françaises. Lumière sur ce jeune talent qui se fraye une jolie place dans le secteur horloger.

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LPP : Bonjour Pierre, et merci de nous accorder un peu de ton temps. Connaissais-tu le Petit Poussoir avant que nous te contactions ?

PLT : Bonjour Ludovic, c’est bien évidemment avec plaisir que je réponds à tes questions car oui je connais Le Petit Poussoir. J’aime beaucoup ton blog car il regroupe des actualités mélangées à des tests sympas de montres abordables pour la plupart. On peut y suivre les nouvelles tendances avec de belles surprises Kickstarter notamment.

LPP : Dis-nous en quelques mots qui est Pierre Le Targat ?

PLT : Aïe, la question qui tue ! Difficile de parler de soi je dois dire. En quelques mots : je dirais que je suis un jeune photographe Free Lance qui s’est lancé il y a maintenant deux ans. Mon business s’articule principalement autour du milieu horloger.

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LPP : Quand as-tu commencé à t’intéresser à la photographie ?

PLT : Avant de m’intéresser à la photo, je faisais de la peinture sur toile. J’aimais beaucoup le style Pop Art qui était très en vogue à cette période ; des images pleines de couleurs et de contrastes. Puis après je suis passé à la photo quand j’étudiais sur Montpellier (j’ai suivi un cursus STAPS jusqu’au Master). C’est là que j’ai investi dans un 5D Mark 2 à l’époque avec un petit 50mm. J’ai testé un peu tout et n’importe quoi au début, mais l’envie d’apprendre et de faire mieux est apparue très rapidement. Je n’avais alors qu’une seule question en tête et c’est la même question que je me pose encore tous les jours quand je fais des prises de vues: « Comment je vais gérer ma lumière ? »

LPP : Entre Briston, Slow, Sartory Billard, Carpenter, Akrone, Fob Paris, Baltic, NorthTwentyTwo, Mona, Dufa et bien d’autres, tu comptes de plus en plus de clients dans l’horlogerie. Est-ce un choix personnel ?

PLT : En effet je compte de plus en plus de clients dans l’horlogerie, et c’est parce que j’aime ça tout simplement. Quand on regarde sur Kickstarter le nombre de marques qui « sautent le pas », c’est assez incroyable. On y découvre des nouvelles formes, des nouveaux designs, et surtout chaque marque a sa propre histoire. J’aime mettre à profit mon « œil » pour sortir toujours de nouveaux clichés. C’est important pour moi de repartir de zéro et de créer de nouvelles images, de créer un nouvel univers. J’ai l’impression de découvrir la montre en même temps que je la photographie.

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LPP : Pour le coup, es-tu passionné de montres ?

PLT : Oui, avec le temps je me suis découvert une nouvelle passion en effet. Par la force des choses, je m’intéresse au monde de l’horlogerie. Connaître les différents mouvements automatiques, l’histoire des montres prestigieuses et j’en passe. Grâce à ton blog, il y a largement de quoi se cultiver.

LPP : Petit bon dans le passé. Te souviens-tu de ta première montre ?

PLT : Cela peut paraître assez déconcertant mais je n’ai pas souvenir d’avoir porté des montres étant jeune. Quoiqu’il en soit, celle qui m’a lancé dans ce « milieu » et que je garde précieusement est une Briston. Pour moi c’est ma première vraie montre même si les puristes crieront au scandale car c’est un modèle Quartz, mais peu importe. C’est grâce à cette montre que j’en suis là aujourdhui. Il s’agit du modèle Clubmaster Classic acétate écaille de tortue avec le cadran bleu soleillé et le NATO bleu marine. Un vrai coup de cœur !

LPP : Et la montre que tu préfères porter en ce moment ?

PLT : Aïe. Deuxième question difficile ! J’alterne entre trois modèles automatiques en ce moment. Dans ces trois modèles, il y a une Briston, une Sartory-Billard et une Akrone. Maintenant je te laisse deviner les modèles.

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LPP : Tes photos horlogères sont souvent sombres ou sur fond noir. Est-ce ta signature ou une pure coïncidence ?

PLT : Mes photos horlogères sont en effet sombres ou bien sur fond noir . Ce n’est pas une coïncidence ni à proprement parlé ma signature, c’est tout simplement qu’une montre est mise en valeur de cette manière. Cela permet de jouer sur les contrastes et les reflets. On peut également faire ressortir les détails. On retrouve les courbes et la matière que l’on ne distingue pas de la même façon sur fond blanc ou bien avec une lumière plus imposante. Ce côté clair-obscur me correspond bien, cela donne du cachet à la photo. L’œil doit se laisser guider seulement là où la lumière l’emmène.

LPP : Ça paraît évident, mais tu es plutôt packshot ou lifestyle ?

PLT : Clairement je dirais que je suis plutôt close-up (rires). J’aime beaucoup shooter en macro. J’utilise d’ailleurs principalement le 100mm macro de chez Canon (pour ceux qui font un peu de photos). Grâce à cet objectif, on peut vraiment aller chercher du détail sur la montre, notamment au niveau du cadran, des aiguilles ou bien du boîtier.

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LPP : On se demande…Les photos sont tellement parfaites sur les sites des marques qu’on se demande : 3D ou gros travail de retouche ?

PLT : En effet certaines marques font beaucoup de 3D mais certains photographes font aussi un énorme travail de retouche. Parfois il est difficile de savoir si on voit une image de synthèse ou bien alors un cliché parfaitement réalisé. L’essentiel est d’avoir au final une image cohérente en terme de lumière et agréable à l’œil. En ce qui me concerne je retouche très peu mes clichés. La prise de vue correspond à 90% de ma photo, j’utilise la retouche seulement pour nettoyer la montre des poussières et parfois ajuster la colorimétrie. Je considère le travail de retoucheur comme un vrai métier et ce n’est pas le mien.

LPP : Dans ton cas, qu’est-ce qui te prend le plus de temps : la préparation, la prise de vue ou la retouche ?

PLT : Je dirais la préparation. Avant une prise de vue, j’imagine concrètement ce que je veux comme type de lumière et comment je vais l’appliquer sur la montre. Il y a ensuite les contraintes techniques de la montre qui ajoutent un peu plus de difficulté. Je pense notamment aux montres en acier poli ou les reflets doivent être parfaitement gérés.

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LPP : Quel est le client pour qui tu es le plus fier de travailler ?

PLT : Je suis fier de travailler pour absolument tous mes clients.

LPP : Et celui pour qui tu aimerais beaucoup travailler ?

PLT : Il y a une marque que je suis depuis longtemps sur Instagram et qui je dois dire est une référence en matière de clichés : c’est la marque Corniche Watches. Non pas que j’aimerais travailler avec eux, mais alors là, le (ou la) photographe est tout simplement génial. Tout est hyper cohérent, jamais de fausses notes, avec une belle lumière et de beaux paysages du sud. Je suis vraiment admiratif du travail réalisé sur chaque photo publiée. Chapeau !

LPP : Allez, tu nous montres ta photo préférée ? Pourquoi celle-là en particulier ?

PLT : Dis moi plutôt celle que toi tu préfères et pourquoi ? C ‘est intéressant d’avoir un regard extérieur et surtout avec un œil averti comme le tien.

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LPP : Clairement, toutes celles sur fond noir sont fantastiques, difficile de n’en choisir qu’une ! Et sinon d’ici à 5 ans, seras-tu encore à Angers ?

PLT : Possible, rien ne me pousse à quitter ma ville pour le moment. Même si la lumière et les paysages du sud m’attirent énormément. Le gros avantage de mon métier est que je peux être mobile sans avoir à perdre mes clients.

LPP : Mis à part le travail, tu as des passions dans la vie ?

PLT : J’ai beaucoup de passions oui. De par mon cursus universitaire, j’ai toujours pratiqué énormément de sport. Mon sport de prédilection est le badminton qui est un sport très complet selon moi tant au niveau tactique que physique. J’aime aussi faire de la musique chez moi, entre deux prises de vues. J’ai quelques instruments que j’apprécie, comme mon piano et ma guitare acoustique. Ah oui, j’adore la moto aussi ! Et surtout la belle marque anglaise Triumph. De belles courbes et un moteur sympa !

LPP : Un petit mot sympa pour la fin ?

Et bien, j’espère que nous allons prochainement travailler ensemble Ludovic (rires).

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