Il y a des montres que l’on pense connaître par cœur et la Tissot PRX en fait partie. Depuis sa résurrection récente, elle s’est hissée au rang d’icône accessible, omniprésente dans les vitrines et sur les réseaux. De quoi lasser, peut-être. Pourtant, lorsque Tissot a dévoilé deux versions plus audacieuses – la 38mm Titane et l’acier Damas – la curiosité est revenue immédiatement. Après une journée complète à les porter, références T137.807.44.061.00 et T137.807.96.081.00, l’impression générale est claire : la PRX n’a pas dit son dernier mot.

Tissot n’a jamais été aussi pertinente qu’aujourd’hui

Tissot, fondée en 1853 au Locle, fait partie de ces maisons suisses qui ont bâti leur réputation sur l’innovation démocratique : proposer des montres fiables, modernes, techniquement intéressantes, tout en restant accessibles. La marque a traversé les époques sans renoncer à son ADN, contribuant à la diffusion du Swiss Made dans le monde et trouvant sa place au sein du Swatch Group en restant l’un de ses piliers.

Dans les années 1970, Tissot explore ce que l’on n’appelait pas encore les “montres à bracelet intégré”, en ligne avec l’esthétique de l’époque : boîtier anguleux, profil affiné, bracelet qui s’enchaîne naturellement. Une montre nommée PRX apparaît alors pour “Précise”, “Robuste” et “X” pour 10 ATM. Symbole de cette décennie, elle disparaît mais reviendra en 2021 dans une réédition fidèle et modernisée qui deviendra un véritable phénomène.

La collection PRX : évolution, saturation… et renouveau

Le succès initial de la collection moderne repose sur sa formule simple : un design seventies parfaitement exécuté, un prix serré, et un rapport qualité-plaisir quasi imbattable. Les versions à quartz ont ouvert la voie avec la version PRX 40 125, les automatiques Powermatic 80 l’ont installée durablement, puis les variations de couleurs ont assuré la visibilité. Au point que la PRX est devenue omniprésente, peut-être trop.

L’arrivée de ce nouveau diamètre 38 mm change immédiatement la dynamique. On gagne en équilibre malgré son épaisseur demeure inchangée, et surtout pour les poignets plus petits. La version Titane introduit une texture mate, brute, légèrement foncée, qui modifie subtilement l’ADN de la PRX sans trahir son style. La montre reste légère – sans révolution, car la PRX n’a jamais été lourde – mais le ressenti est plus naturel, moins présent que sur la 40 mm, gagnant ainsi en confort. Le cadran gris est lisible, sobre, efficace, presque utilitaire dans le bon sens du terme. Une version pour connaisseurs, discrète mais aboutie, tandis que les petites touches dorées rosées lui donnent un certain cachet, du charme disons.

La grande surprise vient toutefois du modèle en acier de Damas. D’un simple coup d’œil, on comprend que Tissot a pris un risque stylistique tout comme elle l’avait fait avec la référence T137.907.97.201.00 en carbone. Les motifs ondulés, obtenus par la superposition et torsion de couches métalliques, donnent au boîtier une personnalité radicale, presque sculpturale. Je pensais à un gimmick, un exercice décoratif sans profondeur et c’est au final tout l’inverse. Cette montre a une présence folle, une gueule comme on dit – un caractère qui divise, et c’est précisément ce qui la rend intéressante. Impossible d’être tiède face à elle.

Montée sur un cuir grainé spécialement conçu pour la PRX, elle délaisse le sempiternel bracelet en acier intégré, ce qui transforme complètement son identité. On a l’impression de porter une pièce d’armure contemporaine, un objet hybride entre design industriel et inspiration médiévale modernisée. Ce cuir lui va étonnamment bien : il donne de la verticalité au boîtier et une sensation visuelle plus dense. Il faudra toutefois accepter un style affirmé, presque radical. Ceux qui aiment auront un coup de cœur immédiat ; ceux qui n’adhèrent pas passeront leur tour.

Les deux montres partagent le Powermatic 80, un mouvement automatique désormais bien connu et respecté : 80 heures de réserve de marche, spiral Nivachron antimagnétique, chronométrie stable. À ce niveau de prix, difficile de proposer mieux en mouvement automatique suisse intégré dans un design aussi travaillé.

Verdict : deux PRX qui relancent l’intérêt, deux réussites différentes

Après une journée à porter ces deux nouveautés, la conclusion est simple : Tissot réussit à redonner du souffle à une collection que l’on croyait arrivée en bout de cycle…chez les puristes. La PRX 38mm Titane est la plus rationnelle, la plus “évidente” : un diamètre idéal, une esthétique matte maîtrisée, un confort remarquable, un style sobre et équilibré. Pas d’effet spectaculaire, mais une vraie maturité. La PRX Damas, elle, est tout l’inverse : une montre qui ose, qui impose son identité et qui fera naître des réactions instinctives. C’est sa force. Elle ne plaît pas à tout le monde, mais elle séduira puissamment ceux qui cherchent autre chose, un mélange de matière, de texture et de caractère qui sort du cadre de la PRX classique.

Dans les deux cas, Tissot propose des pièces cohérentes, pertinentes et techniquement solides. Le tout avec un Powermatic 80 bien maîtrisé, un design abouti et une proposition tarifaire parfaitement en phase avec le marché. La PRX Titane est proposée à 875 €, la PRX Damas à 1 075 €. Les deux sont disponibles dès maintenant dans le réseau Tissot. Si l’une de ces nouveautés vous intrigue, je ne peux que recommander un passage en boutique : l’essayage fera toute la différence. J’en suis la preuve vivante, surtout pour la Damas, que je n’aurais jamais pensé apprécier autant.

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