La première Radial Atmaus nous avait séduits par son équilibre, son excellent rapport qualité-prix et quelques détails suffisamment originaux pour lui donner une vraie personnalité. Un an plus tard, la jeune marque bordelaise revient avec une nouvelle interprétation de sa montre d’aviateur. Pas de révolution, mais une évolution qui gagne en maturité. Avec son cadran mat, son affichage de type Baumuster B et la disparition de la date, cette Atmaus Bravo assume davantage son inspiration aéronautique tout en conservant les détails qui font l’identité de Radial. Après une journée complète au poignet avec cette version Bleu Orage, voici notre avis.

Radial, une jeune marque qui gagne en maturité

Radial est née de l’élan de Julien Roux, passionné d’aviation et d’horlogerie, également connu pour avoir créé la chaîne YouTube ReMontre. Lassé des designs convenus et des produits trop aseptisés, il souhaitait proposer une montre pensée pour le quotidien, polyvalente, mais dotée d’une véritable personnalité. Après plus d’une année de développement et de nombreux échanges avec sa communauté, la marque voit officiellement le jour en 2024 avec la collection Atmaus.

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Une première campagne Kickstarter permet alors de récolter près de 50 000 € et de lancer cette jeune aventure horlogère française. Le nom Atmaus fait référence à « atmosphère », évoquant aussi bien l’unité utilisée pour mesurer l’étanchéité de nos garde-temps que le milieu dans lequel évoluent les avions. Cette nouvelle génération conserve les fondations de la première Atmaus tout en faisant évoluer son visage. Et c’est probablement le signe le plus intéressant pour une jeune marque : Radial commence doucement à construire son propre langage esthétique.

Alpha ou Bravo : deux interprétations de la montre d’aviateur

La nouvelle collection se décline en deux grandes variantes. L’Atmaus Alpha adopte un cadran inspiré du célèbre Type A (Baumuster A), avec les heures placées au premier plan, tandis que l’Atmaus Bravo reprend l’architecture du Type B (Baumuster B), reconnaissable à sa minuterie extérieure imposante et à son affichage des heures relégué au centre. C’est cette seconde version que nous avons portée, dans sa déclinaison Bleu Orage. Le changement avec la précédente génération (voir le test ici) est immédiatement perceptible. Le cadran mat paraît beaucoup plus cohérent avec l’ADN aéronautique revendiqué par la collection. Il est probablement moins singulier que les cadrans aux reflets plus prononcés de la première Atmaus, mais gagne énormément en lisibilité et en cohérence.

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Radial ne s’est toutefois pas contentée d’imprimer quelques chiffres sur une surface mate. Les appliques trapézoïdales positionnées à 3, 6 et 9 heures apportent du relief, tandis que le centre du cadran, légèrement plus profond, accentue sa construction en plusieurs niveaux. La minuterie périphérique domine naturellement l’ensemble, comme l’exige historiquement ce type d’affichage pensé pour permettre une lecture immédiate des minutes. Autre excellente décision : la date a disparu. Elle n’apportait rien d’indispensable ici et aurait perturbé la symétrie d’un cadran déjà particulièrement riche. Cette Bravo gagne ainsi en pureté et en cohérence historique.

Un boîtier qui commence à devenir une signature

Si le cadran évolue profondément, Radial conserve heureusement le boîtier de la première Atmaus. Ses proportions restent particulièrement bien maîtrisées avec 39 mm de diamètre pour seulement 11,7 mm d’épaisseur, verre compris. À cela s’ajoute une étanchéité de 200 mètres, clairement excessive pour une montre d’aviateur, car 100 mètres auraient largement suffi. Mais quitte à pouvoir proposer 200 mètres sans transformer sa montre en pavé, difficile de s’en plaindre. Cela renforce considérablement sa polyvalence et constitue une jolie cerise sur le gâteau. Le dessin du boîtier possède également quelques détails intéressants.

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Le protège-couronne s’affine progressivement jusqu’à dessiner une sorte de « M », protégeant ainsi la couronne sans alourdir visuellement la carrure. Même constat du côté de la lunette : son biseau poli apporte juste ce qu’il faut de contraste, tandis que les stries placées aux points cardinaux créent un détail simple, efficace et original. Elles établissent également une continuité avec la lunette entièrement striée de la précédente génération. Le réhaut suit la même logique. Sa finition mate et sablée possède un aspect volontairement utilitaire, simplement ponctué de la mention « France ». Rien de spectaculaire, mais un détail supplémentaire qui participe à la cohérence générale. On sent que la marque apprend, affine ses idées et commence à identifier les éléments qu’elle souhaite conserver.

Des proportions difficiles à prendre en défaut

Au poignet, les 39 mm fonctionnent particulièrement bien. C’est suffisamment compact pour convenir à une grande variété de poignets, mais assez présent pour permettre au cadran Type B de respirer et de conserver toute sa lisibilité. L’épaisseur de 11,7 mm est également très raisonnable compte tenu de l’étanchéité annoncée. La montre conserve ainsi la polyvalence qui faisait déjà la force de la première Atmaus. Mais cette Bravo assume davantage son inspiration aéronautique sans pour autant devenir une copie littérale des montres de pilote historiques. Elle reste suffisamment contemporaine et personnelle pour ne pas tomber dans le simple hommage. On appelle ça de la personnalité, et ça compte beaucoup pour nous.

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Un bracelet réussi… mais pas totalement cohérent

Le bracelet choisi pour la version Bleu Orage que nous avons eu est une réussite…visuellement. Sa texture évoque immédiatement une toile technique et apporte un côté sportif particulièrement réussi. Sur une montre française, qui plus est bordelaise, difficile de ne pas apprécier ce petit parfum nautique, même si nous sommes ici censés regarder vers le ciel. En revanche, sa construction hybride, avec une doublure en cuir, paraît moins logique. Lorsqu’une montre revendique 200 mètres d’étanchéité, on s’attend naturellement à pouvoir la porter dans l’eau sans réfléchir. Or, un utilisateur peu attentif pourrait oublier la présence du cuir sur le revers et endommager son bracelet en allant simplement se baigner. Fort heureusement, Radial propose deux autres options plus cohérentes avec cet usage.

Un rapport qualité-prix toujours difficile à battre

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À l’intérieur, Radial conserve le calibre Sellita SW200-1, un mouvement automatique suisse parfaitement éprouvé. Avec environ 38 heures de réserve de marche, il ne battra aucun record, mais ce n’est clairement pas ce qu’on lui demande. Il est fiable, facilement réparable et parfaitement adapté à une montre destinée à être portée régulièrement. À “seulement” 749 €, l’ensemble devient difficile à prendre en défaut. Il faut également rappeler que Radial est une jeune marque française portée par une personne bien identifiée dans le paysage horloger. Sans que cela change objectivement les qualités de la montre, il est toujours appréciable de savoir qui se trouve derrière un projet et, d’une certaine manière, où va son argent.

Verdict : une Atmaus plus mature et plus cohérente

Cette nouvelle Atmaus Bravo ne cherche pas à réinventer la montre d’aviateur. Son cadran Type B s’inscrit dans une longue tradition horlogère et son visage est peut-être moins singulier que celui de la première génération. Pourtant, elle nous semble globalement plus aboutie. Le cadran mat est plus cohérent, la lisibilité progresse, la disparition de la date fait énormément de bien à l’ensemble et les détails propres à Radial sont toujours présents.

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À titre personnel, notre choix se porterait probablement sur l’Atmaus Alpha avec son cadran noir émaillé, simplement parce que nous préférons voir les heures occuper le premier plan. Sur bracelet acier, accompagnée d’un second bracelet entièrement synthétique pour l’été, elle constituerait une véritable montre à tout faire. Mais cette Bravo Bleu Orage démontre surtout une chose : Radial apprend vite. La marque conserve ce qui fonctionnait, corrige certains choix et affine progressivement son identité. À ce prix-là, avec un calibre suisse et une telle étanchéité dans un boîtier aussi bien proportionné, difficile de ne pas reconnaître que la proposition est particulièrement solide.

Disponible sur le site officiel de Radial >>>

CARACTÉRISTIQUES – RADIAL ATMAUS BRAVO

Boîtier : Acier inoxydable 316L
Dimensions : 39mm de largeur x 11,7mm d’épaisseur
Étanchéité : 200 mètres (20 ATM)
Cadran : Bleu, noir ou tuxedo
Mouvement : Automatique
Calibre : Sellita SW200-1
Bracelet : Synthétique
Boucle : Ardillon
Prix : 749 € TTC