Sur le papier, cette nouvelle Oris Star Edition n’a rien d’extraordinaire. Un boîtier de 35 mm, un mouvement automatique largement utilisé, une montre trois aiguilles avec date. Pourtant, au premier regard, le discours change. Elle dégage quelque chose. Les proportions, les détails, les finitions et cette impression de véritable montre des années 60 fait mouche. Cette nouveauté ne cherche pas à impressionner, mais simplement à séduire. Après l’avoir portée une journée complète, voici notre avis sur cette nouvelle livrée qui a beaucoup fait parler d’elle.
Oris, une manufacture qui n’a jamais cessé d’être elle-même
Fondée en 1904 à Hölstein, au cœur de la Suisse, Oris fait partie de ces rares maisons indépendantes qui ont toujours suivi leur propre chemin. En plus d’un siècle d’existence, la marque a traversé les guerres, la crise du quartz et les nombreux bouleversements de l’industrie horlogère sans jamais perdre son identité. Son credo est resté le même : proposer des montres mécaniques sérieuses, fiables et accessibles, destinées à être portées tous les jours plutôt qu’à dormir dans un coffre.
Mais l’histoire d’Oris ne se résume pas uniquement à ses célèbres Big Crown Pointer Date, dont la récente Big Crown Pointer Date “Bullseye” nous avait particulièrement séduits, ni à ses plongeuses Aquis ou Divers Sixty-Five. Au milieu des années 1960, la manufacture a joué un rôle déterminant dans l’évolution de toute l’industrie horlogère suisse. À cette époque, une législation particulièrement contraignante empêchait encore certaines manufactures d’utiliser des échappements à ancre modernes. Après plusieurs années de combat juridique, Oris a contribué à faire tomber cette réglementation, ouvrant ainsi la voie à une nouvelle génération de mouvements mécaniques plus performants pour toute l’industrie suisse.
L’Oris Star Edition, le retour d’une montre emblématique
Pour célébrer cette victoire, la marque lance en 1966 une montre symbolique : l’Oris Star. Soixante ans plus tard, cette montre renaît presque à l’identique sous le nom d’Oris Star Edition. Contrairement à beaucoup de rééditions actuelles qui se contentent de reprendre quelques codes vintage, cette nouvelle Star Edition cherche avant tout à retrouver l’esprit du modèle original. Son boîtier tonneau de 35 mm, son verre ultra-bombé en plexiglas, son cadran argenté aux index appliqués et même son guichet de date trapézoïdal reprennent fidèlement les éléments qui avaient fait le succès du modèle historique.
Le résultat n’a pourtant rien d’une simple copie nostalgique. Cette montre possède une vraie personnalité, presque déroutante à une époque où même les montres de ville affichent des diamètres dépassant régulièrement les 40 mm. Et c’est justement ce qui renforce son charme. Oris aurait pu agrandir le boîtier à 38 mm, modifier les proportions ou moderniser son dessin. Au contraire, la marque assume totalement cette silhouette très années 60 et livre une montre qui semble tout droit sortie d’une belle petite collection vintage.
Des proportions qui font toute la différence
Sur le papier, 35 mm peuvent faire hésiter. Au poignet, c’est une toute autre histoire. Grâce à son boîtier tonneau qui augmente la surface couvrant le poignet, son gabarit compact, ses courtes cornes intégrées dans la courbure de la carrure, sa distance corne à corne de seulement 41,5 mm, la Star Edition paraît pourtant bien plus présente que ne le laisserait penser sa fiche technique. Elle épouse naturellement le poignet et procure immédiatement cette sensation que seules certaines montres anciennes savent offrir.
Ce qui frappe également, c’est le travail réalisé sur le boîtier. Le brossage radial sur le haut de la carrure attire immédiatement le regard tandis que les chanfreins polis évasés plongeant sur le bout des cornes, la fine lunette polie et les index appliqués apportent juste ce qu’il faut d’élégance. L’ensemble joue constamment avec la lumière sans jamais tomber dans le démonstratif. On retrouve ici toute la qualité d’exécution que l’on attend d’Oris. Rien n’est spectaculaire, mais tout est particulièrement bien réalisé.
Un cadran qui semble avoir traversé les décennies
Le cadran de cette Oris Star Edition participe énormément à cette impression de porter une véritable montre ancienne. Sa finition argentée légèrement texturée capte délicatement la lumière, tandis que le discret motif central en croix – le fameux “crosshair dial” – rappelle immédiatement certaines productions d’antan. Les index doubles appliqués, les aiguilles avec un centre mélangeant noir et matière luminescente blanche, ainsi que les petits points de Super-LumiNova sont autant de détails qui renforcent cette impression d’authenticité.
J’ai particulièrement apprécié le guichet de date. Son dessin légèrement trapézoïdal et son positionnement créent une petite asymétrie qui casse discrètement la rigueur du cadran sans nuire à sa lisibilité. C’est typiquement le genre de détail auquel on ne prête pas forcément attention au premier regard, mais qui participe énormément à la personnalité de la montre. Une fois de plus, on pourrait presque croire porter une véritable Oris de 1966 soigneusement restaurée par un spécialiste.
Un mouvement éprouvé qui replace Oris là où on l’aime
À l’intérieur, Oris fait le choix de son calibre 733, basé sur le très répandu Sellita SW200-1. Il bat à 28’800 A/h (4 Hz) et offre environ 41 heures de réserve de marche. Rien d’exotique donc, mais un mouvement reconnu pour sa robustesse, sa facilité d’entretien et sa fiabilité au quotidien. Et finalement, c’est probablement la meilleure décision que pouvait prendre la marque.
Car ces dernières années, oui, Oris nous a impressionnés avec ses calibres manufacture de la famille 400. Ils sont excellents, mais ils ont également fait grimper sérieusement les tarifs. Avec cette Star Edition, la marque revient à ce qui a toujours constitué sa plus grande force : proposer une montre parfaitement exécutée, dotée d’un mouvement éprouvé et affichée à un prix très raisonnable. Tout le monde n’a pas besoin d’un calibre manufacture. En revanche, tout le monde apprécie une montre qui fonctionne parfaitement, se révise facilement et reste accessible.
Un bracelet qui complète parfaitement l’ensemble
Impossible de ne pas évoquer le bracelet en cuir de veau noir livré avec cette Star Edition. Lui aussi semble provenir d’une autre époque. Sa largeur atypique de 17 mm, sa finition volontairement craquelée, son épaisseur généreuse et sa forme bombée renforcent immédiatement le caractère vintage de la montre. Il ne cherche pas à paraître luxueux ou moderne. Il accompagne simplement le dessin général avec beaucoup de cohérence.
Une fois au poignet, l’ensemble fonctionne remarquablement bien. On imagine facilement cette montre accompagner une veste en tweed, une chemise Oxford ou simplement un jean et des baskets pour un apéro en ville. Ce n’est certainement pas la montre que l’on choisira pour une randonnée ou une journée à la plage, mais pour une vie urbaine, elle possède une élégance discrète particulièrement séduisante.
Verdict : une excellente pioche dans les archives d’Oris
Cette Star Edition résume finalement tout ce que l’on aime chez Oris. Elle ne cherche pas à impressionner mais raconte simplement une histoire importante de la marque. Compacte, parfaitement finie, pleine de charme et proposée à 1 800 €, elle donne réellement l’impression de porter une belle montre vintage… avec toute la tranquillité d’une fabrication moderne. C’est aussi un retour à un positionnement qui a longtemps fait le succès d’Oris. Si vous recherchez une montre habillée différente, discrète, avec une personnalité que peu de modèles possèdent, cette Star Edition mérite clairement votre attention.
Disponible sur le site officiel d’Oris >>>
CARACTÉRISTIQUES – ORIS STAR EDITION
Boîtier : Acier inoxydable 316L
Dimensions : 35mm de largeur x 11,1mm d’épaisseur
Étanchéité : 50 mètres (5 ATM)
Cadran : Argenté brossé
Mouvement : Automatique
Calibre : Oris 733 (Sellita SW200-1)
Bracelet : Cuir de veau
Boucle : Ardillon
Prix : 1 800 € TTC




















