Ici, nous aimons les montres emblématiques, celles qui ont marqué l’histoire de l’horlogerie. Mais nous aimons aussi mettre en lumière les “outsiders” : ces montres parfois injustement délaissées, mais qui ne manquent pourtant pas d’intérêt, loin de là. Et dans cette catégorie, comment ne pas parler de l’Omega Speedmaster Reduced ? La petite Speedy, toujours restée dans l’ombre de la version Professional, malgré toutes ses qualités. Alors il est temps de rendre justice à cette montre qui mérite plus qu’un regard dédaigneux de la part des puristes.

1988 : Omega lance une Speedmaster plus compacte et automatique

La Speedmaster Reduced est créée dans un contexte un peu particulier. En effet, sa genèse est liée à un épisode particulièrement douloureux de la NASA. L’agence spatiale américaine, qui reste depuis 1969 le meilleur ambassadeur de la Speedmaster Professional, a vu sa navette Challenger exploser en plein vol le 28 Janvier 1986, à peine 73 secondes après son décollage. La NASA travaille pendant 2 ans pour corriger le problème, et c’est en 1988 que les vols reprennent. Omega profite alors de l’occasion pour dévoiler une nouvelle version de son chronographe vedette : la Speedmaster Automatic Reduced

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La première Speedmaster Reduced (réf. 175.0032)

Comme son nom l’indique, la première chose qui différencie la Speedmaster Reduced de son illustre grande sœur est son diamètre : 39mm au lieu de 42mm. Pour le reste, il faut bien avouer que les deux montres sont très similaires et que les différences sont minimes. L’aiguille des secondes du chrono n’est plus fléchée, les deux points luminescents à 12h ont disparu, et le E de TACHYMETRE sur la lunette perd son accent grave. On remarque aussi que la petite seconde est passée de 9h à 3h, et que les compteurs sont un peu plus écartés. Mais ces deux dernières différences sont dues à l’autre grand changement : la Reduced abandonne le mouvement à remontage manuel calibre 861 de la Professional et adopte un mouvement automatique, le calibre 1140.

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Il s’agit d’un mouvement dit “modulaire”, c’est-à-dire qu’il est composé, pour la partie “trois aiguilles”, d’un calibre ETA 2890-2, sur laquelle vient se greffer la partie chronographe, un module 2020 signé Dubois-Dépraz. C’est d’ailleurs pour cela que les deux poussoirs du chrono ne sont pas alignés avec la couronne, mais légèrement au-dessus, sur la tranche de la montre.

22 ans sans faire de bruit… mais jamais sans intérêt

La carrière de la Reduced s’étale sur plus de deux décennies, de 1988 à 2010. Et au cours de ces 22 années, Omega n’a guère touché à l’esthétique de la montre. Les évolutions sont plutôt à chercher du côté du mouvement, car en 1997 le module automatique ETA 2890 est remplacé par le plus récent ETA 2892, toujours associé au module 2020 de Dubois-Dépraz et donnant naissance au calibre 1143 chez Omega.

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Les Reduced qui ont marqué les esprits

Les deux décennies de production de la Reduced sont émaillées de modèles emblématiques. Petit florilège : 

> Les Schumacher : la Speedy colorée version F1

Le champion de F1 Michael Schumacher est ambassadeur d’Omega du milieu des années 90 à 2010. Et à ce titre, il donne son nom à plusieurs Reduced, qui se distinguent par des cadrans très colorés, contrastant avec une minuterie blanche : bleu, rouge, jaune, beige ou noir cerclé de rouge… il n’y a que l’embarras du choix ! 

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> Quand la Reduced passe à l’or

La Speedmaster Reduced est déclinée dans de nombreux modèles en or, alors qu’il faudra attendre 2019 pour que la version professionnelle passe en doré. Lunette en or, cadran en or, poussoirs en or, boîtier en or, et même montre entièrement en or, Omega a testé toutes les combinaisons possibles. 

> Les JDM : les versions les plus recherchées

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Sans doute en raison de leur diamètre réduit, les Omega Reduced sont particulièrement populaires au Japon. Et Omega a su capitaliser sur cet engouement avec plusieurs modèles exclusivement réservés au marché japonais, autrement dit “JDM” (japanese domestic market). En association avec la chaine de magasins Marui, Omega propose des configurations inédites : cadran bleu et compteurs blancs,  et cadran blanc et compteurs noir alias “panda”. Des modèles en série limitée devenus extrêmement désirables.

> L’Albino : la Reduced la plus hypnotisante

35 ans avant la Speedmaster Professional cadran blanc, Omega sort une Reduced entièrement blanche, baptisée “Albino”. Une déclinaison hypnotisante, peut-être la plus belle des Reduced. Alors si vous trouvez Speedy Pro blanche un peu trop grande -le blanc a tendance a agrandir les cadrans-, vous savez désormais où chercher.

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> Les cadrans nacrés : une Speedy plus audacieuse

Avec la Reduced, Omega cible également une clientèle plus féminine, parfois rebutée par les 42mm de la Pro. Ainsi, la maison de Bienne propose des cadrans nacrés, ou “Mother Of Pearl”, en anglais (souvent abrégé en “MOP”). Ces cadrans sont associés à des chiffres arabes et déclinés en divers coloris.

> Turin 2006 : la Reduced version olympique

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Chronométreur officiel des Jeux Olympiques depuis 1932, Omega propose en 2006 une version pour les JO d’hiver de Turin. La montre se distingue essentiellement par l’incroyable contrepoids de l’aiguille des secondes du chrono, en forme d’anneaux olympiques, ainsi que par la gravure à son dos.

Pourquoi la Reduced mérite (vraiment) plus d’attention

Esthétiquement, la Reduced est avant tout une version plus compacte de la Speedmaster Professional Et c’est là que réside toute sa force : pour ceux qui préfèrent les montres au diamètre contenu, pour ceux qui ont des poignets fins ou pour les femmes qui trouvent la Professional trop large, la Reduced s’impose comme une alternative valable et très intéressante. 

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D’autre part, la Speedmaster Professional a toujours été affichée à un prix supérieur à la Reduced. Et depuis quelques années, l’écart s’est encore creusé. La version pro a vu ses prix neufs s’envoler, et les prix d’occasion ont largement suivi. Alors que la Reduced, même si elle a aussi connu une nette augmentation, est toujours plus accessible que sa grande sœur. De quoi se faire plaisir tout en restant -presque- raisonnable. 

Enfin, comme on l’a vu, la Reduced propose une palette de couleurs bien plus large que la Professional. Plus de choix, plus de fun… la Reduced profite d’une plus grande diversité dans les configurations, pour s’éloigner un peu du cadran noir classique.

Et aussi pourquoi elle divise encore aujourd’hui

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On aura beau lister tous les avantages de la Reduced, il n’en restera pas moins que, pour les puristes, ce n’est pas une “vraie” Speedy. Et ce constat est d’autant plus cruel que ce n’est en rien lié aux qualités réelles de la montre, mais plutôt au statut d’icône de sa grande sœur. La comparaison est inévitable et, dans le cas de Reduced, l’aura de la Professional est juste trop grande. Ce déficit d’image est sans doute ce qui explique que la Reduced n’est jamais vraiment sortie de l’ombre de la Professional. 

De plus, la configuration modulaire du mouvement, avec une partie automatique et une partie chronographe, rend son entretien d’autant plus délicat. Et la Reduced souffre d’une mauvaise réputation chez les horlogers. Rien d’insurmontable pour un artisan chevronné… mais le temps passé augmente rapidement, tout comme la facture.

Le détail que les connaisseurs traquent : le calibre 1152

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Quelques rares références de Speedmaster Reduced sont équipées du calibre 1152 d’Omega, basé sur le Valjoux 7750. Il s’agit d’un mouvement automatique chronographe “intégré”, qui ne présente donc pas les mêmes inconvénients que les mouvements modulaires. Ces montres sont facilement reconnaissables à la disposition particulière des compteur : à 12h, 9h et 6h, avec la date à 3h. À bons entendeurs…

2017 : Omega retente la formule… sans le même succès

Sept ans après la retraite de la Reduced, Omega dévoile la Speedmaster 38mm. Et la recette est globalement la même : une taille réduite, un mouvement automatique et un large choix de configurations. La clientèle visée n’est pas explicitement féminine, même si de nombreux modèles sont sertis de diamants. Et comme la Reduced, cette Speedmaster 38mm souffre d’un cruel manque de notoriété.

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Verdict : faut-il craquer pour une Speedmaster Reduced ?

A l’issue de cet article, une chose apparaît clairement : la Reduced est plus qu’une version miniature de la Professional. Injustement dénigrée, elle possède pourtant suffisamment de qualités intrinsèques pour être une – très – bonne montre. Et finalement, son plus grand tort est sans doute d’avoir une grande sœur trop connue. Mais est-ce une raison suffisante pour la laisser de côté ? Bien sûr que non. Et avec des prix qui ne cessent de s’envoler, la Reduced pourrait même être une excellente idée. À bon entendeur…

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