Voici une montre que nous voulions avoir en main depuis bien longtemps. En tant que grands amateurs de montres de plongée, certains grands noms tels que la Submariner, la Black Bay, la Fifty Fathoms ou encore la Luminor Marina nous viennent immédiatement en tête. Mais il existe une marque qui propose un modèle très singulier tout aussi connu des plongeurs : la ZRC Grands Fonds 300. Aujourd’hui donc, nous vous présentons le modèle Réédition Marine Nationale 1964 en détail.

ZRC : une entreprise familiale centenaire

Fondée en 1904, cette entreprise suisse est née de l’association d’Edmond Zuccolo et de Joseph Rochet, un jeune français oeuvrant dans la fabrication de montres puis son chef d’atelier. D’abord spécialisé dans la fabrication de bracelets et de bijoux, Zuccolo Rochet & Co (ZRC) s’est fait remarquer en remportant le grand prix de l’innovation du concours de l’Industrie Genevoise pour son bracelet extensible en métal. Avec la Première Guerre Mondiale, le siège de la société est déplacé en France (pour bien plus tard revenir en terres helvétiques). Quelques décennies plus tard, la maison s’attela au développement d’une montre de plongée, un choix logique pour ZRC alors localisé sur les berges du lac d’Annecy. C’est donc en 1960 que la première version de la Grands Fonds 300 vit le jour.

Le résultat d’une collaboration avec la Marine Nationale

Quelques années après la naissance de la Grands Fonds 300, en 1964, la Marine Nationale se rapprocha de la marque. En leur expliquant que la couronne positionnée à 3 heures posait des problèmes de vulnérabilité pour les manipulations subaquatiques, ZRC chercha une solution pour protéger la couronne sans pour autant gêner lors du porter. C’est ainsi que la couronne fut déplacée à 6 heures grâce à un système exclusif de canon taillé dans la masse, permettant à la montre une construction 100% monobloc, une première pour l’époque.

Sans compter que l’acier utilisé était renforcé de molybdène, un métal de transition apportant une propriété antimagnétique nécessaire pour les plongeurs-démineurs. Le produit final fut ainsi homologué par le Service Technique du Commissariat de la Marine (STCM). Une autre innovation fut développée en 1970, soit une anse escamotable permettant de faire passer la couronne ainsi que de relever le bracelet uniquement en position fermée. Parfaitement adaptée à un usage professionnel, la ZRC Grands Fonds fut adoptée par les pompiers de Paris, l’équipe de France ski nautique, la Marine Nationale, le 3ème groupe de démineurs de Toulon, la Marine Nationale italienne mais aussi l’équipe Calypso du Commandant Cousteau.

Boîtier

Cette ZRC Grands Fonds est dotée d’un boîtier monobloc mesurant 40,5mm de diamètre par 49mm de longueur corne à corne pour 13,9mm d’épaisseur, essentiellement brossé avec de fins biseaux polis. Construit à partir d’acier inoxydable 316L amagnétique, ce boîtier est surmonté d’une lunette unidirectionnelle à 60 crans équipée du système ECS, un système de nettoyage évitant la cristallisation du sel entre la lunette et le boîtier grâce à une circulation par eau claire. L’insert noir lui, arbore des marquages luminescents ronds facilitant la lecture sous l’eau : 3 ronds à midi, 2 toutes les 15 minutes puis 1 pour les écarts de 5 minutes.

La couronne elle, positionnée à 6 heures, est sécurisée à 100% grâce à un système exclusif d’anse escamotable empêchant le bracelet de se remettre en place lorsque la couronne n’est pas revissée, évitant ainsi la pire chose pouvant arriver : l’entrée d’eau au sein du boîtier. Le design du boîtier en lui-même est très atypique, très géométrique avec une carrure créant un angle pointu débordant en bas de la lunette pour la protéger en cas d’impact. On remarque aussi que les traditionnelles pompes ont été remplacées par un dispositif de vis triangulaires nécessitant un outil spécifique pour être démontées. Le fond est bien évidemment vissé tandis que le verre saphir, légèrement bombé, est très épais (3mm) afin de garantir l’étanchéité de 300 mètres.

Cadran

Côté cadran, cette Réédition Marine Nationale 1964 arbore un fond noir mat avec des index à bâtons fléchés pour chaque heure ainsi que des chiffres arabes sur les 4 points cardinaux. Chaque index est accoté d’un point luminescent vers le centre du cadran, celui à midi étant bien plus large afin de servir de repère. Ensuite, ses aiguilles « Magnum » surdimensionnées permettent à l’épaisse couche de photoluminescence d’assurer une parfaite lisibilité en immersion (voir rendu dans la galerie en bas de page). Tout comme la trotteuse façon « lollipop », les aiguilles principales ont été polies.

Mouvement

Le mouvement de cette montre, vous le connaissez bien : il s’agit bien évidemment du calibre ETA 2824-2. Oscillant à 28,800 alternances par heure et doté de 25 rubis, celui-ci possède une réserve de marche de 38 heures. Au vu de la précision annoncée de +/- 7 secondes par jour, il est évident qu’il s’agit une version Elaboré du mouvement. Celui-ci a donc été réglé en 4 positions tandis que l’amplitude du balancier a été réduite. Pas besoin de justifier ce choix, l’ETA 2824-2 est un mouvement automatique aussi qualitatif que répandu, un « tracteur » parfait pour une montre de plongée comme celle-ci.

Bracelet

Le boîtier est bluffant, mais son bracelet l’est tout autant. Ses grands maillons s’attachant à ceux qui se logent dans l’entre-corne s’ajustent automatiquement grâce à un système de ressorts noyés dans la masse. Outre un confort amélioré au porté, cet ajustement de taille permet d’enfiler votre montre par-dessus une combinaison de plongée sans avoir à déplier une extension de plongée ou sans ajustement des maillons. Le principe est assez identique à la boucle brevetée de la Tudor Pelagos, sauf que c’est ici à même les maillons.

Le design est aussi intriguant car cette montre possède différents types de maillons ayant chacun leur propre design, notamment avec des ouvertures sur tous les maillons non ajustables de la montre. C’est quelque chose de très rare qui crée un effet très particulier vu que la peau se révèle à travers le bracelet. Cela nécessite un temps d’adaptation mais renforce également son caractère ainsi que son côté « toolwatch ». Mais ce n’est pas tout : la boucle est également unique. Ici, pas de boucle déployante comme sur un traditionnel bracelet en acier, mais plutôt un système clipsable avec un fermoir rotatif bloquant son ouverture; cela rend cependant plus complexe la mise au poignet.

Notre avis sur la ZRC Grands Fonds 300

C’est une montre fascinante, tant sur le papier qu’au porter. Son histoire lui donne une légitimité que peu de montres de plongée peuvent se tarer d’avoir car elle a été conçue par des plongeurs professionnels pour des plongeurs professionnels, il y a plus d’un demi-siècle qui plus est. Que ce soit au niveau du design ou des nombreuses innovations techniques qu’elle présente, la ZRC Grands Fonds est une montre unique avec une vraie « gueule ». En revanche, même si son bracelet est incroyable, il pose un petit problème : son système de fixation triangulaire au niveau des cornes, tout comme l’anse escamotable, empêchent le changement du bracelet par un modèle standard. La marque propose des nylons et des cuirs, mais vous bloque la possibilité de les changer par vous-même, ce qui n’est pas pratique lorsque ces bracelets vieillissent. Cela crée une dépendance, mais qui permet aussi à la marque de conserver des standards élevés pour ses montres. L’un dans l’autre, on comprend mieux. Quoi qu’il en soit, nous sommes fans ! Son prix : 2,390€ à 2,990€ selon le bracelet.

Montre ZRC Grands Fonds 1964 / Réf. GF40163

  • Boîtier : Acier inoxydable 316L / Finition brossée & polie
  • Largeur : 40,5mm
  • Longueur : 49mm
  • Épaisseur : 13,9mm
  • Entrecorne : 24mm
  • Type de verre : Saphir bombé
  • Mouvement : Automatique / Calibre 2824-2 Elaboré
  • Bracelets : Cuir caramel
  • Boucle : Ardillon / Acier POLI
  • Résistance à l’eau : 30ATM / 300m
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